Solutions pour les femmes

Mon engagement à l'endroit des femmes

La femme, c’est connu, occupe une place centrale dans la société malienne. Les femmes jouent un rôle crucial dans l’éducation de nos enfants et sont aussi au cœur de nos économies, grâce au commerce. Cependant, il m’est arrivé de m’interroger sur la valeur que nos sociétés leur attribuent. Ne les chargeons-nous pas de trop de contraintes, d’attentes, d’obligations ? Quelles perspectives nos sociétés leur offrent-elles ? Enfin, les relations hommes/femmes doivent-elles demeurer éternellement un lieu de clivage fatidique ? Sans renier les progrès réalisés dans l’égalité entre les hommes et les femmes, je veux que nous prenions date pour donner à la femme, tout le mérite qui lui revient dans nos priorités de développement.


Sur ce terrain, elles ont pris de l’avance, car une multitude d’initiatives locales animées par des femmes mêlent, déjà, actions économiques et solidarités en vue d’un accès plus juste aux droits économiques, sociaux et politiques de base. Les femmes maliennes, où qu’elles soient, de Kidal à Kayes, de Sikasso à Koulikoro, aspirent toutes à la même chose : la sécurité familiale et économique. Autant dire qu’elles aspirent à la vie tout court. Elles veulent s’instruire, éduquer, nourrir, soigner et vêtir dignement leurs enfants. Elles veulent accéder aux soins médicaux, avoir droit à une grossesse suivie, accoucher sans danger, être protégées contre les violences conjugales et participer à la vie publique.


Le fait est que, malgré des progrès notables, le simple fait d’être une femme reste pour la Malienne une source d’obstacles qui l’empêche de trouver véritablement sa place dans le monde du travail. Une récente étude de l’Organisation Internationale du Travail, OIT, montre qu’au Sénégal et au Mali, par exemple, le salaire d’une femme ne représente, à travail égal, que 66 pour cent de celui d’un homme. Dans le même temps, les femmes du monde rural n’ont aucune maîtrise des ressources productives comme la terre et les biens. On estime que les femmes ne sont que propriétaires de 2% des terres en Afrique.


Ce n’est pas tout. Aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé, les femmes restent minoritaires dans les postes à responsabilités. Au Mali, de nombreuses femmes dirigent des micro entreprises, surtout dans l’économie informelle, mais elles sont en revanche moins nombreuses dans les moyennes et grandes entreprises. Pourtant, tout le monde reconnait la productivité des femmes et leur contribution remarquable à l’économie et au développement social humain.

Responsabiliser les femmes

Accélérer la promotion des femmes rurales

Impliquer fortement les femmes

Garantir l’égalité des chances

       
La responsabilisation des femmes comme moteur du
développement du Mali n’est pas une utopie ou une déclaration d’intention, c’est une condition essentielle à l’émergence économique du pays. En effet, les nombreux succès dans l’agriculture, la valorisation des produits locaux, la mise en place de tontines ou de systèmes de microcrédit à l’endroit des femmes maliennes démontrent leur fiabilité et leur sens des responsabilités économiques et sociales. De plus, les femmes s’investissent souvent davantage que les hommes dans les secteurs clés du développement que sont l’éducation et la santé. L’autonomisation économique des femmes joue un rôle dans la réduction de la pauvreté, en ce sens que, le modèle de consommation du ménage est davantage axé sur l’enfant et la satisfaction des besoins fondamentaux.

Mais les femmes ne peuvent avoir ce rôle positif dans le champ économique et social que si leurs droits et libertés fondamentaux ne sont pas bafoués. La reconnaissance des droits des femmes va de pair avec une plus grande autonomie économique et sociale. Or ces deux conditions du développement pour les femmes ne sont généralement pas réunies : leurs libertés et leurs capacités d’innovation économique et sociale sont bien souvent étouffées par des pesanteurs socioculturelles et le manque de moyens financiers.

Sur ces deux points, nous comptons nous mobiliser aux côtés de nos sœurs, de nos mères, de nos filles et de nos épouses pour qu’elles constituent la force motrice du développement du Mali. Ce sera une grande chance pour le pays, car nous savons tous que les ressources seront mieux gérées et mieux distribuées.
J’ai la conviction, depuis plusieurs années, déjà, que l’autonomisation économique des femmes et l’égalité entre les sexes doivent être des objectifs clés en matière de développement. Ce qui est dans le droit fil des conventions internationales du travail, dont nous sommes signataires, et des objectifs du Millénaire pour le développement. C’est pourquoi, je soutiens toutes les initiatives publiques, associatives ou privées visant à renforcer l’accès aux ressources et l’indépendance économique des femmes tout en promouvant les compétences entrepreneuriales des femmes, leur accès aux marchés, aux crédits, en particulier dans les zones rurales.

Historiquement, les femmes au Mali et plus particulièrement les femmes rurales avaient un contrôle limité sur la prise de décisions publiques. Aujourd’hui, le processus de la décentralisation a changé et renforcé les décisions, la gouvernance démocratique implique que les femmes en tant que actrices du développement aient un droit de parole. Elles sont sur la scolarisation des filles, l’augmentation de la production agricole et l’accès à l’eau potable les facteurs clés du progrès social que nous voulons atteindre. C’est ce qui m’a conforté dans ma conviction de mettre sur pied un programme sousrégional d’hydraulique villageoise de 8000 forages sur l’ensemble des huit pays de l’UEMOA. C’est également la conviction de la FAO qui constate que si les femmes avaient le même accès à la terre que les hommes, notre production agricole augmenterait de 20 à 30 pour cent.

Aussi, j’accorde une attention particulière sur la décentralisation rurale et la gouvernance locale au Mali, dans une approche qui contribuera à combler les attentes des femmes et plus particulièrement les femmes rurales, à renforcer leurs capacités, à promouvoir l’accès à la communication qui est un outil de développement afin quelles puissent participer dans la prise de décision de la gestion de leur commune.

Mes expériences récentes dans la gestion des conflits en Afrique me fendent le cœur. Que de témoignages nous ont été rapportés du front sur la situation particulière des femmes africaines dans les conflits armés ! Combien de femmes violées, humiliées, violentées ? Incontestablement, trop. Combien de femmes réduites à un état de quasi-esclavage qui ne reçoivent ni soins physiques, ni soins psychologiques ? Il est important que tous, hommes et femmes, nous nous sentions solidaires, que nous dénoncions ces manquements aux droits fondamentaux de la personne humaine. La situation des femmes, en temps de conflit, me meurtrit et met, encore plus, en lumière la crise que traverse, aujourd’hui, le Mali.

Depuis la crise ivoirienne, je m’interroge sur la place de la femme dans la prévention, la gestion et surtout le règlement des conflits.
Pour moi, nous ne pouvons apporter de réponse durable aux défis nationaux qui affectent la paix et le développement, si nous n’impliquons pas les populations concernées. Plus spécifiquement, la participation des femmes à la pleine résolution de la crise est un facteur déterminant et une condition nécessaire à la stabilité sur le long-terme. C’est pour cette raison que, je donne tout mon soutien politique et compte mobiliser d’importantes ressources de l’Etat pour rendre possible des initiatives dédiées à la promotion de l’égalité des sexes et au renforcement des contributions des femmes à la consolidation de la paix et de la sécurité.

M’inspirant des réflexions de femmes émérites du Sahel affectées par la crise malienne, je propose de mener de front et prioritairement ces trois actions :
• garantir la participation des femmes et des organisations féminines de la société civile lors des missions de médiation et des réunions internationales relatives à la crise au Mali en particulier ;
• prévoir des allocations budgétaires et un système pour les actions spécifiques menées par et pour les femmes ;
• mettre en place des mécanismes permettant aux femmes d’exercer leur rôle de veille et de prévention des conflits ainsi que de participer aux efforts de médiation et de résolution des conflits.

Par de là la crise, mon combat permanent sera
d’améliorer la qualité mais aussi l’accès et la participation des femmes aux services publics – y compris la scolarisation des filles mais également dans les domaines de la santé, de la justice, de la sécurité intérieure et de la défense. L’inscription de toutes les femmes au registre d’Etat civil constitue une condition indispensable à cette fin.
Aussi, je m’engage à actualiser les mécanismes institutionnels destinés à la promotion du genre pour inclure, quand c’est nécessaire, des mesures temporaires spéciales telles que la discrimination positive, le traitement préférentiel et la détermination de quotas pour permettre aux femmes de participer à la vie parlementaire et politique de manière générale ainsi qu’à toutes les institutions de la République du Mali.

Enfin, je crois, très sincèrement, que l’ampleur des changements nécessaires est tel que nous devons nous servir du programme de réconciliation nationale et de reconstruction, pour lancer une véritable révolution tranquille, porteuse des réformes majeures susceptibles de garantir l’émergence du Mali et l’autonomie des femmes.

La place des femmes dans ce Mali nouveau est d’autant plus importante que, comme le dit l’écrivaine Africaine Américaine, Angela Davis : « Le succès ou l’échec d’une révolution peut toujours se mesurer au degré selon lequel le statut de la femme s’en est trouvé rapidement modifié dans une direction progressive ».
Avec votre soutien, nous pourrons construire, ensemble, le Mali nouveau. Un pays où la question du rôle et de la place des femmes est un enjeu fondamental pour la construction sociale et le développement.

 
URD MALI - Union pour la République et la Démocratie
 
 



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